"BAQ" à Nouvelles
Éditorial

Louise Larivière travaille dans le monde des communications depuis 20 ans. Spécialiste de l’image, elle conçoit et réalise des projets photographiques et des documentaires. Le 5 novembre elle rencontrait Kathleen Gagnon à la barre du Centre de bénévolat de Laval depuis 25 ans. Réflexions sur l’engagement et le bénévolat.
Le benevolus
Le mot bénévolat est quasiment devenu monnaie courante. Sa définition se traduit par deux mots: bien et vouloir. 1 On l’associe d’emblée aux actions caritatives et aux us et coutumes de toute société qui se dit bien pensante. Et pourtant. Quand on demande à Kathleen Gagnon, D.G du Centre de bénévolat de Laval si elle n’avait qu’un seul souhait à formuler après 25 ans d’engagement, quel serait-il ? « Que plus de gens s’impliquent » lance-t-elle. Un cri du cœur. Pourtant, lors du lancement de la 25ième édition de la ‘Campagne des paniers de Noël’ la salle était bondée, les bénévoles déjà actifs auprès de l’organisme avaient été nombreux à répondre à l’appel. Les résultats sont impressionnants, le Centre de bénévolat de Laval semble en pleine effervescence. Mais au delà des statistiques, voire même des constats, il faut se fier aux gens de terrain pour avoir l’heure juste. Dans les yeux de Kathleen, on lit la sincérité, aussi l’inquiétude. Non pas qu’elle ne sait apprécier le travail déjà fait, colossal. Mais il y a plus. « C’est l’affaire de tout le monde » renchérira-t-elle sans hésiter. Elle scrute la salle, un regard sur « son » monde qui en dit long. Trop d’heures, trop à faire et avec un taux de pauvreté qui augmente, on craint l’essoufflement. Et puis, un jour, ces hommes et ces femmes de bonne volonté partiront, âge aidant pour certains. Quid de la génération X2, ou encore Y3? On pourrait penser en effet, que le bénévolat est une affaire de générations.
Quand Kathleen dit vouloir encore plus, elle ne renie pas l’effort des troupes mais pense à demain, à un demain aux lueurs incertaines. Il faudra définitivement du renfort, mais quel renfort ? Pour une grande majorité, l’action bénévole s’inscrit à l’intérieur d’horaires chargés; d’autres provoqueront des moments pour aider. Benne velle ou une responsabilité citoyenne ? En tous les cas, les D.G des banques alimentaires du Québec tel Kathleen, ont du plain sur la planche ! Ils devront user de stratégie et de créativité pour convaincre de nouveaux venus à se joindre aux rangs de cette noble mais fragile confrérie appelée bénévolat.
Banques alimentaires Québec, ses membres ‘Moisson’ et leurs organismes bénéficiaires, comptent plus de 10 000 bénévoles qui viennent en aide à 275 000 personnes en moyenne à tous les mois.
10 000 c’est beaucoup mais pas assez.
Louise Larivière
1 Du latin benevolus, bonne volonté, venant de bene, bien et velle, vouloir
2 Personnes nées entre 1960 et 1979, le ‘baby bust’ qui signifie faible taux de natalité
3 Personnes nées fin des années 1970 et milieu des années 1990, la ‘génération net’
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