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Naufragés des villes - une série à ne pas manquer sur RDI

Publié le 26 janvier 2011 | Par BAQ

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La série Naufragés des villes de l'équipe de Blimp.tv présente la pauvreté sous un angle original et montre des réalités parfois méconnues du grand public. Un rendez-vous tous les lundis soirs à 20h !

Voici le lien pour le 1er épisode, diffusé le 24 janvier : http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#idMedia=undefined&lang=fr&pl=0of1&posMedia=0&startPosition=0&urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/RDI2/geo_episode1_naufrages_m_1200.xml

http://naufrages.radio-canada.ca/?player=episode

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Vivre un mois dans la pauvreté

2010-01-20 - L'Étoile - Nadia Gaudreau

Vivre avec 592,08 $ pendant un mois à Montréal. Se loger, se nourrir, se déplacer, vivre. Voilà ce qu'a expérimenté Emmanuelle Chapados de Moncton dans le cadre d'une série documentaire intitulée «Naufragés des villes» et qui sera diffusée sur les ondes de RDI dès le 24 janvier. La jeune femme déterminée a découvert qu'il est très difficile de surmonter le cercle vicieux de la pauvreté et elle affirme ressortir de cette expérience changée.

Les producteurs de la série documentaire «Naufragés des villes» ont enlevé à Emmanuelle Chapados ses cartes de crédit, de débit, et son téléphone cellulaire. Pendant le mois de juin 2010, elle s'est engagée à vivre avec le revenu d'une personne seule qui bénéficie de l'aide sociale au Québec, soit 592,08 $. Elle devait suivre les règles du bien-être, ce qui signifiait par exemple qu'elle ne pouvait pas vivre avec un colocataire et qu'elle ne pouvait pas être rémunérée pour plus de 200 $ supplémentaires pendant le mois.

Après avoir passé une nuit dans un refuge pour femmes et avoir trimballé toutes ses possessions sur son dos pour quelques jours, elle a enfin déniché un loyer non meublé - sauf pour un petit futon - en sous-location pour un mois à 400 $. C'est-à-dire qu'il ne lui restait que 192 $ pour manger pendant 30 jours.

Elle a alors découvert les cuisines collectives, les soupes populaires et les banques alimentaires. Pour le transport, elle a principalement utilisé un vélo (même pas un Bixi, qui nécessite une carte de crédit, rappelle-t-elle).

«Rendue à la moitié du mois, j'ai réalisé que je n'y arriverais pas. Je me suis donc cherché un travail», raconte celle qui travaille actuellement à la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick.

Mais il n'est pas évident de trouver un petit boulot lorsqu'on n'a même pas de téléphone où un employeur pourrait nous rejoindre.

«Il y a tout plein de petits cercles vicieux qui rendent la vie très difficile», note-t-elle.

Après avoir fait appel à des Centres d'aide de jour où elle avait accès gratuitement à internet et à une ligne téléphonique, elle a travaillé pour quelque temps dans une crémerie, ce qui lui permettait au moins de manger de la crème glacée!

«Une chance qu'il existe des ressources, confie-t-elle. Sinon, je ne sais pas comment j'y serais arrivée. Mais j'ai observé qu'il y a des gens qui ne sont pas outillés pour faire face à la pauvreté. Que ce soit à cause de la maladie mentale ou par ignorance, il y a des gens qui souffrent énormément de la pauvreté et qui ont beaucoup de difficulté à s'en sortir. Quand tu passes ta journée à essayer de survivre, c'est dur de te trouver un travail et de t'en sortir. Ça me fend le coeur.»

Pendant les 30 jours qu'elle a passés à Montréal, Emmanuelle affirme avoir pris conscience des préjugés qui existent à propos de la pauvreté.

«Quand j'ai cherché un logement, les gens me posaient des questions à propos de mon travail. C'est trop difficile d'admettre qu'on vit de l'aide sociale. Les gens pensent que tu ne vas pas payer ton loyer. J'ai été une observatrice privilégiée et j'ai pu constater la complexité du problème de la pauvreté. Les gens en général ne se rendent pas compte de la réalité des gens sur le bien-être social. Il y a des préjugés. Ce n'est pas nécessairement par méchanceté, mais plutôt par ignorance. J'espère que le documentaire va aider à changer les mentalités», souhaite-t-elle.

Une série documentaire choc

Outre Emmanuelle Chapados, un autre participant a accepté de se prêter au jeu. Pierre Côté, un conseiller en marketing bien en vue à Montréal (il est le fondateur de l'indice relatif de bonheur, un observatoire social indépendant), confie sur son blogue que l'expérience des «Naufragés des villes» a été éprouvante.

«Et pour ceux et celles qui pensent que la vie de «BS» est une vie de pacha, ils n'ont rien compris. Vivre de l'assistance sociale, ce n'est justement pas une vie», écrit-il.

«C'était important pour nous de trouver des gens ordinaires pour que les gens puissent s'identifier à eux, explique le réalisateur et producteur de la maison de production Blimp TV, Marc St-Onge, qui est derrière le projet. Je pense que tout le monde a déjà soit vécu dans une situation de pauvreté, a connu un proche dans cette situation ou a eu peur un jour de tout perdre. Je suis certain que la série va faire réagir les gens.»

La série documentaire sera présentée à RDI dès le 24 janvier à 20h (en reprise le samedi à 21h30). La série sera aussi disponible sur Tou.tv et sera diffusée sur les ondes de TFO dès le 13 avril.

Source : http://letoiledieppe.jminforme.ca/article/1371951


 

Commentaires (3)
Lucie31/01/2011J'ai suivi avec intérêt votre reportage. Dans ma vie, j'ai eu à vivre de l'aide sociale pour une période d'un an. Diplômée en enseignement je n'étais pas au bon moment, au bon endroit pour ce travail. Je complétais le mois avec les heures de suppléance que je pouvais faire. Je n'étais pas dans la vingtaine mais dans la quarantaine. J'avais deux enfants aux études universitaires, obligés d'avoir des prêts et bourses pour leurs études. De plus, un conjoint malade. Inutile de vous dire que cela n'était pas évident. Le pire dans ces années était le jugement des autres: cela ne se disait pas. Je n'ai pas vécu l'itinérance mais l'isolement. Trop de de personnes ont été jetés à la rue sans armes, les instituts qui ont fermé leur porte, les jeunes de la DPJ qui se retrouvent à la rue à 18 ans car la DPJ a soi-disant assumer leur éducation, trop de personnes qui n'ont pas de moyens pour se débrouiller, pour simplement vivre avec rien. Et je ne parle pas du temps oû lors de mes études universitaires que j'ai repris à 40 ans, sans soutien financier, avec deux adolescents, calculer au verre de lait près ce que nous devions manger ou boire par jour. Aujourd'hui ma situation va bien, mais j'ai énormément de compassion pour tous ces gens. Merci de m'avoir lue, merci à Madame Castel qui a du courage de donner de l'espoir. Quelle humilité et force de caractère.
Yves Dupré23/02/2011Ayant participé à la dernière émission ( 21 février) j'ai, ça va de soi, un intérêt additionnel à suivre la série.
Je tiens à féliciter le producteur et le réalisateur pour une série extrêmement pertinente et superbement réalisée. .Je suis particulièrement fier d'y avoir participé.

Je suivrai avec grand intérêt les prochains épisodes

Bravo à tout l'équipe


Yves Dupré
Lucie Roy27/02/2011Je reçois des prestations d'aide sociale et je ne suis pas paresseuse. Je suis membre des cuisines collectives, je fais du bénévolat,j'ai des cours de théâtre....Je peux vous dire aussi que j'ai essayé d'intégrer le marché du travail par le bias de stage, de formation sur le marché du travail. Ce n'est pas que j'ai essayé au contraire!.....
Vous savez ceux qui abusent du système c'est la minorité moi je connais beaucoup de gens recevant comme moi des prestations d'aide sociale qui font du bénévolat, suivent une formation de retour à l'emploi, sont membres des cuisines collectives....
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